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Quels sont les effets toxiques avérés du cadmium sur la santé ? »

« Alors que l’Assemblée nationale [a]examin[é]ce mercredi 3 juin une proposition de loi pour réduire le seuil autorisé de ce métal lourd dans les engrais », Apolline Le Romanser fait le point Libération sur « les risques liés à l’exposition massive via l’alimentation ».
« De fait, la loi française autorise dans les fertilisants des taux jusqu’à 4,5 fois supérieurs au seuil de 20 mg recommandé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) », rappelle la journaliste.
« Résultat, le cadmium se retrouve dans nos aliments et s’accumule dans nos corps. Selon le dernier état des lieux, 47% des adultes et 18% des enfants présentent une concentration de cadmium dans leurs urines qui dépasse le seuil critique fixé par l’Anses », rapporte-t-elle.
« Car cette substance s’élimine très lentement, entre dix et trente ans, dans l’organisme : il s’accumule au fil du temps et les effets sanitaires surviennent majoritairement à la cinquantaine », souligne l’article.
« Le cadmium est un génotoxique, c’est-à-dire qu’il provoque des cassures de l’ADN un mécanisme lié à la genèse d’un cancer », détaille Bernard Salles, professeur émérite de toxicologie à l’université de Toulouse.
Concernant les « travailleurs, par exemple dans la métallurgie, qui inhalent la fumée ou des poussières contenant du cadmium et ses composés », « on sait que l’absorption est plus importante par voie respiratoire que digestive », note le toxicologue.
« Pour cette population, un lien de causalité entre leur exposition chronique et le cancer des poumons a été établi. En France, la pathologie est d’ailleurs reconnue comme maladie professionnelle dans ces circonstances », fait savoir l’article.
« En revanche, concernant la population générale contaminée par l’alimentation, si le métal « est suspecté d’être à l’origine de l’augmentation de l’induction d’autres types de cancers, comme celui du pancréas, du rein, de la prostate ou encore du sein », des données complémentaires sont nécessaires », explique Géraldine Carne, toxicologue et docteure en santé publique, coordinatrice de l’avis publié par l’Anses en mars sur le cadmium.
En revanche, « l’effet sur les os du métal, identifié par les experts en 2019, est avéré, à des doses d’exposition plus faibles », indique Apolline Le Romanser. « De fait, une fois ingéré, «il entre en compétition avec le calcium»», décrypte Bernard Salles.
« Ce qui provoque une déminéralisation osseuse et augmente le risque d’ostéoporose, celui de fractures, notamment du col du fémur, des vertèbres et des avant-bras. Une étude publiée en 2021 estime d’ailleurs que 23% des cas de cette maladie chez les femmes de plus de 55 ans en France, Espagne et Belgique seraient attribuables au cadmium », fait savoir Libération.
« Deux pistes d’explication à cela : le cadmium agit directement sur la structure osseuse, mais aussi indirectement, via des lésions rénales, qui provoquent l’élimination du calcium par les urines », avance le journal.
« En effet, le cadmium a aussi des effets sur les reins, là encore même à de faibles doses quand l’exposition est prolongée dans le temps. C’est même l’un des premiers risques identifiés – et donc bien documenté – chez l’humain », souligne Apolline Le Romanser.
« Les lésions provoquées dans le rein peuvent donc évoluer vers des maladies, jusqu’à l’insuffisance rénale », précise Géraldine Carne.
« Ce métal lourd est aussi classé par l’Union européenne comme suspecté toxique pour la reproduction. L’Anses rapporte une diminution du périmètre crânien chez les nouveau-nés dont la mère présente un taux de cadmium élevé », reprend Libération.
« Plusieurs études épidémiologiques suggèrent par ailleurs qu’une exposition, même faible, au cadmium durant la période fœtale et la petite enfance est associée à des effets neurodéveloppementaux ainsi qu’à des altérations de la taille et du poids », complète le journal.
« Concernant la neurotoxicité du cadmium, c’est un effet identifié à prendre en compte chez l’humain », indique Géraldine Carne. « Des signaux existent aussi concernant des atteintes cardiovasculaires, « à des doses comparables à celles associées aux effets osseux », note l’avis de l’Anses en 2026 », met en garde Libération.
« L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) cite plusieurs études publiées en 2005 et 2008, qui montrent un lien entre la présence de cadmium dans les urines et la survenue d’athérosclérose (…), d’infarctus ou d’une élévation de la pression artérielle chez les femmes », informe l’article.

« Les experts de l’Anses ont établi dès 2019 «un lien entre l’exposition au cadmium et l’augmentation de la prévalence de maladies vasculaires» », rappelle Géraldine Carne.

« Si l’on maintient les niveaux d’exposition actuels, les enfants d’aujourd’hui, une fois arrivés à 55 ans, risquent de présenter une imprégnation bien plus forte que celle que nous observons actuellement chez les adultes », conclut la spécialiste.

cf : mediscoop.net

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