Nouvelle Calédonie

Nos ananas locaux, quasiment tous victimes d’un champignon, la suite de la suite…

Suite au problème soulevé par la vente d’ananas contaminés, le président de la Chambre d’Agriculture et de la Pêche s’est exprimé au micro de RRB à l’occasion de la foire de Bourail. Ses paroles ont mis en cause UFC et le conseil d’administration a souhaité réagir en lui adressant le mail suivant rédigé par notre représentant à l’IFEL (Interprofession Fruits Et Légumes) et chargé de communication Philippe LASSAUCE. Nous avons souhaité vous le communiquer :

« Monsieur le président

Je vous écris au nom de UFC et comme nouveau membre désigné de l’IFEL. Je suis membre du bureau du Conseil d’Administration de l’association, trésorier et chargé de communication.

A cet égard j’assume la pleine responsabilité d’avoir lancé l’alerte sur la contamination des ananas produits localement par un champignon qui le noircit de l’intérieur. Bien entendu cette communication s’est faite en parfait accord avec le CA de l’UFC.

Certains membres de notre CA ont écouté votre intervention sur RRB lors de la foire de Bourail et ont réagi à vos propos en me demandant de vous adresser le présent mail.

Tout d’abord il est normal de la part d’une association de défense des consommateurs de lancer des alertes sur des produits de mauvaise qualité qui sont présentés à la vente et nous avons apprécié la réactivité de l’IFEL pour rechercher des solutions. Vous avez trouvé notre intervention brutale mais que penser de l’attitude de la profession, parfaitement au courant du problème, et qui n’a aucun scrupule à mettre sur le commerce des ananas contaminés qui dans d’autres pays auraient été refusés à la vente ! Sans compter que ces ananas sont actuellement vendus 850 à 900F/Kg alors même que nous avons posé la question de retrouver la confiance du consommateur. Et ce problème dure depuis plus d’un an même si la saison fraiche l’a sans doute accentué, ce problème est récurant toute l’année. Des solutions transitoires et immédiates ont été retenues lors de la réunion de l’IFEL mais nous n’avons toujours pas constaté une information du consommateur sur la date de récolte pour lui permettre de n’acheter que des ananas de moins de 7 jours après récolte. Les conclusions de l’IFEL ne sont pas toutes en application. Dans ces conditions je peux vous assurer que les consommateurs continueront à bouder les ananas locaux surtout au prix où ils sont vendus. Personnellement je ne comprends pas qu’on puisse affirmer vouloir redonner confiance aux consommateurs en affichant des prix aussi élevés et en laissant au consommateur le risque de jeter une grande partie du fruit : il aurait fallu casser les prix pendant 2 ou trois mois, mettre en place l’affichage prévu, ouvrir des fruits sur les étals pour montrer l’absence de taches noires. Vous pensez réellement qu’en l’état actuel, vous allez inverser la tendance ! Non seulement notre action était justifiée mais nous n’hésiterons pas à refaire un communiqué pour dénoncer la situation si les choses n’évoluent pas très vite. Et nous attendons également des réponses sur le moyen terme car on doit trouver une solution pour éradiquer ce champignon.

Vous avez également affirmé que les consommateurs calédoniens reconnaissaient la qualité de la production locale : je ne sais pas d’où vous pouvez tirer cette affirmation mais en l’absence d’information produit nous constatons une très grande méfiance sur les produits locaux et une faible consommation de fruits et légumes en général. Même s’il y a une dimension culturelle à cette faible consommation, force est de constater que les fruits et légumes sont chers et la garantie de qualité n’est pas au rendez-vous. Notre association prône une meilleure reconnaissance des producteurs qui font de la qualité, de définir des règles d’étiquetage pour informer le consommateur sur la qualité et la nature précise du produit et en parallèle la fin des quotas d’importation en imposant aux importateurs les mêmes normes de qualité que pour les produits locaux. On ne peut plus continuer à vivre dans un microcosme où c’est la profession qui définit toutes les règles et le consommateur qui les subit. Il faut rééquilibrer le marché, mettre en avant ceux qui font des efforts, et retirer du marché les mauvais produits.

UFC Que Choisir participe à la mise en valeur des filières locales via :

Le Comité de Certification Agriculture Responsable dans le collège des Utilisateurs
Le Comité de Certification Pêche Hauturière et Pêche Côtière Responsable dans le collège des Utilisateurs
Entre autres
Et donc que nous sommes promoteurs d’une agriculture+pêche locales de qualité.

Vous avez comme objectif de couvrir localement les besoins alimentaires du territoire : le consommateur cherche quant à lui des produits de qualité et à un prix abordable, peu importe qu’il soit local ou non. Bien évidemment à égalité de prix et de qualité le consommateur privilégiera le produit local. C’est donc à la profession de s’adapter et non au consommateur.

Vous souhaitez développer les chaînes de transformation aval, c’est une idée que nous pouvons soutenir, à condition que ce ne soit pas moyennant un protectionnisme lié à la faiblesse de notre marché.

Enfin vous avez évoqué l’export, et notre territoire a des atouts pour exporter, mais je n’ai entendu parler que d’exporter vers d’autres territoires français. Qu’en est-il de l’Australie, de la Nouvelle Zélande, de Singapour (cible potentielle pour des poissons frais d’excellence) et les autres îles du Pacifique. Mais pour cela il faut faire sauter nos propres verrous d’importation car une politique d’exportation est avant tout une politique d’échange.

En tant que représentant de UFC à l’IFEL, j’aurai l’occasion de revenir sur ces sujets qui tiennent à cœur des membres de notre association. Je vous propose de nous rencontrer avec mon président pour échanger sur ces sujets et voir comment nous pouvons progresser pour une satisfaction tant des producteurs qui font des efforts que des consommateurs. »

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